Présentation

 

Le corps, seul témoin de notre histoire !

 

Qui peut mieux que le corps être le reflet de notre histoire ?

Notre système corporel vivant garde en mémoire chaque instant de notre vie.

Pour étudier la vie de la Terre, les scientifiques prélèvent des carottes en profondeur. Ils observent les différentes couches et retracent l'histoire de la Terre et de l'humanité. C'est connu et accepté.

Le corps aussi, a sa façon, est capable de mémoriser les différents traumatismes physiques, émotionnels et métaboliques. Ces traumatismes s'inscrivent dans le corps sous forme de zones de rétention, imposant au système corporel une suite d'adaptation ayant pour conséquence un verrouillage de l'ensemble du système. Ainsi se forme un schéma, le pattern.

Lorsque cette capacité d'adaptation n'est plus possible, le symptôme apparaît compromettant l'état de santé.

Nous, ostéopathes avons la possibilité par l'observation corporelle, par une palpation fine et subtile, d'écouter les tissus nous raconter leur histoire. « Seuls les tissus savent » citation attribuée à Rollin Becker par Jacques Andréva Duval.

 

La première condition pour parvenir à une lecture du corps, est de reconnaître le système corporel vivant comme conscient capable de communiquer.

La seconde est d'exercer sa main et ses qualités d'Être pour pourvoir communiquer.

La suivante est d'être capable d'humilité devant ce système corporel tellement plus intelligent que notre cortex.

Le TOUT étant de ne pas lui imposer un soi disant savoir mais d'être capable de laisser la Vie à nouveau surgir dans les tissus, dans les cellules.

Insuffler la Vie, le souffle de Vie disait W.G.Sutherland.

Il y a « un potentiel invisible et intelligent à l’œuvre à l’intérieur de notre organisme. »  Selon W.G. Sutherland, ce potentiel est une force générée par l’intention d’une Intelligence plus élevée, nommé Souffle de Vie, qu’il a considéré comme étant l’Intelligence suprême du système. 

 

Les cas cliniques décrits-ci après sont des exemples concrets de nos compétences d'ostéopathes.

La cohérence entre symptôme et pattern se révèle sous nos mains et met en lumière l'intelligence du corps.

Éclairé dans un second temps de nos connaissances, le TOUT s'explique et prend sens, tant au niveau physique, mental que spirituel.

Lorsque vous touchez du bout des doigts la réalité de chaque patient, vous ne faites qu'UN avec lui. Vous êtes relié, tel un trait d'union entre les puissances telluriques et cosmiques, vous êtes le Fulcrum permettant cette alchimie.

N'essayez ni de comprendre la Vie par les connaissances, ni de FAIRE par le toucher.

Laissez- vous tout simplement Être.

 

Pour des raisons déontologiques, j'ai tenu à respecter l'anonymat des mes patients.

Je me suis donc permise d'utiliser des prénoms de substitution. Toute ressemblance avec des personnes qui auraient vécu des situations similaires, n'est que pure coïncidences.

Je remercie chaleureusement chacun d'entre eux, pour toutes ces années de confiance, me permettant de cheminer sur mon chemin de thérapeute et de donner une sens à la VIE.

 

 Cas cliniques

Monsieur Charles, 42 ans, dessinateur industriel :

 

Ce patient consulte pour une lombalgie chronique ayant pour conséquence, au bout de 6 mois de soins divers et variés, une incapacité de travail aboutissant à une proposition de reconversion professionnelle. Cette situation était difficilement acceptable par mon patient. Il aime son travail, il refuse le fait que ce soit psychologique comme cela lui a été suggéré. Il est bien avec sa femme et ses enfants, sans conflits ni familiaux ni professionnels.

Après une anamnèse sans grande particularité, quelques chutes, une entorse comme tout à chacun, aucune maladie ou traitement, je suis amenée à observer à l’aide de mes mains ce corps. Le corps est très verrouillé, témoignant de peu de vitalité tissulaire. Dans notre langage, cela signifie qu’il a peu de mobilité, comme un corps qui n’a plus suffisamment de liberté tissulaire pour s’adapter.

La première zone à attirer mes doigts est la face. La face est la partie la plus verrouillée. Elle semble avoir subi un choc important : accident de voiture ? Choc contre une vitre ? Rien de tout cela, me répond le patient.

J’effectue mon travail de libération lorsque je lui demande comment s’est passée sa naissance.

Cette question le laisse perplexe, il l’ignore mais ne manquera pas de se renseigner auprès de sa maman.

Cet homme est en fait né par la face. J’en profite pour rappeler que la dure-mère tapisse la face endocrânienne du crâne, c’est-à-dire la face interne, à l’intérieur du crâne.

Cette mémoire tissulaire est imprimée depuis sa naissance !

Longtemps asymptomatique, il a grandi avec cette empreinte, le corps s’est adapté à chaque étape de sa vie, traumatique, émotionnel et la croissance surtout.

Pourquoi le symptôme se déclare-t-il à 42 ans ?

Tout simplement parce qu’un événement si petit soit-il est apparu, s’est ajouté à un corps peu libre et a fini par le verrouiller. La goutte d’eau (qui passe inaperçue la plupart du temps) a fait déborder le vase.

Chez ce patient, la position de travail est certainement à l’origine de ce trop-plein. Avant la venue des ordinateurs, les dessinateurs industriels travaillaient penchés en avant sur une table relevée. Cette position imposait une extension de la tête, schéma identique de la naissance par la face.

Cet exemple montre que l’origine du symptôme se trouve à la face et non pas en bas du dos. Pourtant c’est de lombalgie que le patient se plaignait. Les examens radiographiques, IRM, scanner, infiltrations n’avaient rien donné, nous comprenons pourquoi maintenant.

Dans toute pathologie, les examens sont nécessaires et utiles pour éliminer une pathologie médicale plus conséquente. Mais dans ce cas, le problème résidait dans un manque de souplesse du corps. La dure-mère, le tissu conjonctif s’était adapté en diminuant ses capacités d’élasticité. L’origine était à la face depuis 42 ans mais c’était le bas du dos qui exprimait cette souffrance, soit l’autre extrémité du corps.

 

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Madame Catherine, 45 ans, infirmière: Histoire d’un corps, histoire d’une vie :


Cette patiente consulte pour des sciatalgies avec irradiation sur la face postéro-externe du membre inférieur droit.

Ce symptôme est apparu il y a déjà quelques années, des examens complémentaires avaient diagnostiqué une hernie discale L5S1. Devant l’impotence et la douleur, la hernie avait fini par être opérée.

Mais cinq ans plus tard, la douleur et la gêne à la marche (périmètre diminué) sont apparues à nouveau, à tel point que cette femme est en arrêt de travail.

Elle ne peut plus parcourir les couloirs de l’hôpital où elle travaille, ne supporte plus les trajets en voiture de plus d’une heure et ne peut se tenir debout en position statique.

Les antécédents traumatiques sont assez communs, sans notion de gravité. Elle évoque quelques chutes dans l’enfance comme tout à chacun, sans fracture ou choc ayant nécessité un passage aux urgences.

Pas d’accident de la voie publique, pas de chute sur le coccyx.

Pas d’intervention.

Aucun trouble de la sphère urinaire et gynécologique, ni de la sphère digestive. 

Deux accouchements dont un en siège qui s’est bien passé.

Je commence donc mon approche globale du corps pour avoir une idée de son état de vitalité et de son schéma.

Le corps est verrouillé sur son axe crâne bassin.

La zone de rétention la plus importante sous mes mains est le bassin. Il est complètement fermé, verrouillé, inerte.

Il serait facile de penser que ce bassin est verrouillé depuis l’accouchement en siège de sa fille mais les tissus ne se libèrent pas.

Pourtant, elle a été contrariée au moment de l’accouchement. Elle souhaitait se mettre dans une autre position mais cela n’a pas pu être possible.

J’écarte systématiquement toute analyse ou recherche mentale qui m’induirait en erreur pour ne rester que présente aux tissus. Le fait de rester présente sur ce bassin avec tous les paramètres de palpation nécessaires finit par relâcher cette zone. Les tissus se mettent en mouvement.

De façon quasi simultanée, la patiente se souvient d’un événement qu’elle me partage :

Elle-même, est née par le siège.

Elle avait complètement oublié cette information remontant à sa propre naissance, tout simplement car nous n’avons pas de souvenirs conscients de cette période.

Pour nous ostéopathe, cet événement est crucial.

Lors d’une naissance physiologique, la tête s’engage en premier. Elle subit les contraintes de compression tout comme l’ensemble du corps. Les différentes parties du crâne, grâce aux sutures, sont conçues pour s’adapter au passage du bassin de la maman.

Dame nature est bien faite, le corps du bébé est malléable est s’adapte comme de la pâte à modeler au bassin dur de la maman.

Or, lors d’une naissance par le siège, lorsque le bassin s’engage en premier, toutes les structures le composant, sacrum, iliaques et colonne vertébrale subissent une contrainte pour laquelle elles ne sont pas prêtes.

Cette compression subie à la naissance est imprimée pour la vie dans le système corporel.

Tout au long de la vie de cette patiente, le corps s’est adapté aux différents traumatismes, aux stress jusqu’au moment où cela n’a plus été possible. 

Le symptôme est alors apparu, trouvant son origine principale, sa cause, plus de 40 ans auparavant, lors de sa propre naissance.

Il est aisé de comprendre alors que la prévention est importante. Le corps a besoin d’être libéré de ces tensions afin que le symptôme (dans cet exemple la sciatalgie) ne se manifeste pas et que l’ensemble du système corporel soit suffisamment libre.

Cette patiente a pu reprendre son travail, partir en vacances loin de chez elle et retrouver une vie normale avec quelques conseils de prévention.